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jeudi 27 août 2015

A la dérive // Cobwebs from an Empty Skull de/by Ambrose Bierce

Quel recueil particulier de petites fables! Uncle D. a encore frappé fort en m'offrant ce livre à mon anniversaire.

J'ai pour habitude de ne pas être très intéressée par les introductions écrites par des académiciens/critiques/autres écrivains mais là il faut avouer qu'elle était nécessaire car qui connaît Ambrose Bierce et ses chroniques? Contemporain de Mark Twain et auteur du Dictionnaire du Diable, cet écrivain satiriste et éditorialiste américain puise son inspiration à la fois dans le folklore américain et dans la vie européenne. Les histoires recueillies dans cet ouvrage parodient les contes classiques de façon humoristique, et l'absurde y côtoie parfois le surréalisme, avec toujours beaucoup de fantaisie.

Évidemment, chaque nouvelle a sûrement un sens caché car en paraissant dans la revue satirique anglaise Fun elles ont toutes été ancrées à l'époque dans un contexte socio-politico-économique particulier. Je me suis cependant contentée de lire sans tenter de trouver les clés permettant de déchiffrer le message derrière chacune des nouvelles. Cette lecture premier degré m'a toutefois beaucoup plu.

Nous ne sommes que fin août mais A la dérive sera à coup sûr le livre OVNI de mon année de lecture. Piment dans le flux littéraire plutôt tranquille et redondant auquel je suis habituée, il est un véritable coup de coeur.

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What a curious collection of short fables! Uncle D. stroke genuisly again when he gave me this book for my birthday.

When reading a book, I tend to skip the introduction texts written by scholars/critics/etc but in this case one must admit that it was necessary because who knows about Ambrose Bierce and his columns? Contemporary of Mark Twain and author of The Devil's Dictionnary, this satirist and editorialist drew his inspiration both from the American folklore and European life. The stories collected in this publication make a mockery of classical tales in a humorous way, and the absurd mixes with surrealism, while always maintaining a lot of imagination.

Of course, each short story surely has a hidden meaning and they were all anchored in a social-political-econmical context when they were published in the satirical English magazine Fun. But I was content to read without trying to find the key unlocking the messages behind the words. Actually, I still enjoyed this first degree reading.

We are only at the end of August but Cobwebs from an Empty Skull will surely be the UFO book of my reading year. It spiced up the normally quiet and redundant literary flow that I am used to - it is a real "coup de coeur".

http://laccoudoir.com/wp-content/uploads/2014/11/A-la-derive-Ambrose-Bierce.jpg


Citations:

- Sur son visage, se lisait la lutte sans merci que se livraient en elle l'audace, la ruse et l'avarice. (p.29)

- Il était clair que Charlie s'était engagé sur la voie royale qui mène du berceau à l'hospice des pauvres et qu'il semblait apprécier la promenade. (p.38)

- Cet homme était un Hollandais de Pennsylvanie, une étrange créature chez qui la choucroute a remplacé le bon sens depuis plusieurs siècles. (p.43)

- Vers le milieu du XVe siècle, Simprella Whiskiblote, une jeune fille ravissante mais fâchée avec la mode, vivait dans un coin perdu de la Forêt-Noire. Elle avait le monopole de son prénom mais devait partager l'usage de son patronyme avec son père. (p.55)


dimanche 9 août 2015

Cake à la banane // Banana bread

Pour la petite histoire, invitée à un apéro, j'avais décidé de faire un roulé chocolat-caramel beurre salé et utiliser ainsi pour la première fois la plaque en silicone que Maman C. m'a offerte pour mon anniversaire. Le DESTIN (oui, allons-y franchement) en ayant décidé autrement, il s'est avéré que la plaque en silicone pour la génoise ne rentrait pas dans mon petit four. Et, effectivement, si vous vous posez la question, non, je n'avais pas jusqu'à maintenant vérifié la taille de la plaque. C'est donc peut-être moins le destin que mon propre manque de jugement qui m'a mise dans cette situation mais PASSONS.

En désespoir de cause (non, je ne baisserai pas l'intensité dramatique de cette histoire), je me suis dit que je ferai un 4/4 (pas un quatre-quatre mais un quatre quarts, on est d'accord). Clairement l'excitation accumulée dans les 48h pré-roulé est retombée comme un soufflé. Et puis finalement j'ai trouvé des bananes et des noisettes dans ma cuisine donc je me suis dit que je ferai un 4/4 à la banane. J'ai pesé 3 œufs et adapté ensuite les quantités (au final, ce n'était plus vraiment un 4/4 mais bref!). Je n'ai pas eu le temps de prendre des photos donc imaginez un cake absolument magnifique, cela devrait faire l'affaire.

Ingrédients:
- 2 bananes bien mûres
- 150g de sucre
- 3 œufs
- 125g de beurre
- 170g de farine
- 1/2 sachet de levure
- 1 cuillère à café de cannelle
- une douzaine de noisettes écrasées

1. Écraser les bananes, rajouter le sucre et bien mélanger
2. Ajouter les œufs, la moitié de la farine, la levure, puis le beurre fondu
3. Mettre le reste de la farine, la cannelle et les noisettes
4. Verser la pâte dans un moule à cake beurré
5. Mettre au four préalablement chauffé à 160°C pendant environ 30-40 minutes (mais cela dépend de votre four - pour vérifier la cuisson plonger un couteau dans le gâteau, la lame doit ressortir sans pâte accrochée dessus)
N.B.: les gâteaux ou biscuits à base de banane cuisent moins vite, donc ne pas mettre la température du four trop haute pour éviter que le dessus et le dessous ne brûlent alors que l'intérieur n'est pas cuit.

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For your information, I was invited to a party at a friend's house so I had decided to bake a jelly roll (but instead of jam I wanted to put a spread of chocolate/salted caramel) and to use for the first time the silicone baking sheet that Maman C. gave me for my birthday. But DESTINY (yes, let's be dramatic) had other plans since it happened that the silicone sheet did not fit in my little oven. I can hear you and you are right, how come did I not yet check beforehand if it fitted? So maybe it is less about destiny than about my poor lack of judgement that I got there. But ANYWAY.

Out of desperation (no, the drama intensity of my story will not decrease), I decided to do a pound cake. At this point, the excitation that had built up for the last 48 hours at the idea to bake a chocolate roll kind of tumbled. Then I found some bananas and hazelnuts in my kitchen, which lead me to the idea to bake some banana bread. I weighed 3 eggs and adapted the quantities of the ingredients (so in the end it was not really a pound cake but whatever). I did not take the time to snap some pictures so you will just have to imagine an incredibly beautiful and yummy cake, which, let's be honest, it really was!

Ingredients:
- 2 very ripe bananas
- 150g of sugar
- 3 eggs
- 170g of flour
- 125g of butter
- 1 teaspoon of baking powder
- 1 teaspoon of cinnamon
- a dozen of crushed hazelnuts

1. Mash the bananas with the sugar, add the eggs
2. Add half of the flour, the baking powder and the butter
3. Add the remaining flour, the cinnamon and the hazelnuts
4. Pour the batter in a bread tin (loaf pan?)
5. Bake in a pre-heated oven at 320°F for around 30-40 minutes (or until the blade of a knife exit clean from the cake)
N.B.: batter with bananas always takes more time to bake so be sure not to set too high of a temperature in order to avoid burning the bottom and the top while the inside is not baked.


Bon appétit!


vendredi 7 août 2015

Paris-Breizh, par Anne-Sophie Cloarec

Sans surprise, un livre avec un tel titre déposé en évidence à l'entrée de la Maison de la presse de ma ville de vacances en Bretagne ne pouvait qu'attirer mon regard et exciter ma convoitise! Une Bretonne de 25 ans quittant sa ville pour monter à Paris faire son stage en 2012? Euh, est-ce ma biographie?! Presque. En plus drôle, avec des personnages au physique plus avantageux, une famille plus classique et dans un autre domaine professionnel que le mien... Ok, je me suis peut-être auto-identifiée un peu trop vite.

Clairement, si vous n'êtes pas breton, voire même plutôt bretonne, passez votre chemin. On reste sur un public lecteur très ciblé! Pour ma part, j'étais pile dans la cible et j'ai bien ri, même si la fin m'a laissée sur ma faim (ha ha!)((mot-dièse humour)).  Finalement, c'est peut-être aussi bien de ne pas avoir une fin définitive et un cliché, non? Léger mais pas si superficiel qu'on pourrait penser, je me suis bien amusée.

A noter: le livre est imprimé en Bretagne et édité par Skol Vreizh, une maison d'édition bretonne.


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Extraits
- [...] Paris reste une aventure, pour ceux qui ont le courage de partir, mi-héros, mi-traîtres. (p.28)

- Je serai toujours une gourdasse Bécassine, spectatrice d'une culture qui ressemble vaguement à la mienne [...]. Je devrai faire avec l'austérité, la froideur et la rigide discrétion de mes ancêtres. (p.60)

- Dans quelques secondes, ces cerbères du luxe vont se rendre compte que je n'ai rien à faire ici et m'expulser à coup de Louboutin dans le cul: "Et ne reviens plus jamais, paysanne, vilaine, paour-kaezh!" (p.151)((paour-kaezh veut dire pauvresse))

- Les gens de gauche sont chiants à se vanter, ils se plaindront bientôt quand rien ne sera comme ils rêvaient. Les gens de droite sont plus discrets, honteux de ne penser qu'à eux. (p. 161)

- Elle oppose le plus grand raffinement physique à la plus grande vulgarité langagière: chose étrange que de voir cette nymphette jurer comme une consommatrice régulière de végétaline Lidl. (p.188)

- La stagiaire nouvelle est arrivée! Elle s'appelle Wendy, un prénom à rester stagiaire toute sa vie. (p.200)

- Tu pues le savon. (p.225)

- Se baigner dans un lac, manger des poissons d'eau douce, sentir la vase enrober mes pieds ; toutes choses que mon hérédité m'interdit. (p.229)

- Dans le XVIIIème, j'ai peur à jamais. On ne peut pas avoir été élevée sur les dunes et dans le vent et ne pas avoir peur, ici. (p.238)

- En vomissant ses crêpes, sur le bateau du retour, Goran a conclu que mon pays était "beau, mais pas facile", ce qui est une définition acceptable pour un étranger. (p.267)

- Il ne faudrait jamais quitter la Bretagne, parce qu'il est trop douloureux d'y revenir. (p.278)


samedi 1 août 2015

Cookies les plus sains du monde // The healthiest cookies ever

*Sous-titre: Cookies sans beurre, cookies sans bonheur

Quelqu'un a partagé cette recette sur Facebook et je l'ai gardée de côté pour quand j'aurai un peu de temps (et de courage) pour la tester. En effet, que penser d'une recette n'ayant pas de sucre, beurre, farine, ou œufs? Je veux dire comment "tient-elle"??? Bon, ça s'est bien tenu finalement mais je n'étais pas très convaincue. La texture était intéressante (enfin... inhabituelle) mais le goût était plutôt fade (mon sang breton a BESOIN de beurre et de sucre, ce que les cookies ne m'ont absolument pas fourni!). Au début j'avais décidé de mettre des raisins secs et pas des pépites de chocolat dans els cookies (comme proposé dans la recette) mais ces derniers avaient un goût tellement sain que j'ai rajouté des pépites de chocolat après la première fournée (pépites de chocolat qui se sont bien associées avec la saveur des bananes).


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*Alternative caption : When butterless becomes joyless

Someone shared this recipe on Facebook one day and I stored it for later. I was extremely curious since the recipe does not have sugar, flour, eggs nor butter! I mean, how could this hold together??? Well, it hold alright but I was not convinced. The texture was interesting (aka unusual) but I found the taste pretty bland (my Breton blood NEEDS its fair share of better and sugar, which the cookies did not provide me with!). At first I had decided to put raisins and not chocolate chips in the cookies, but they tasted way too healthy and I added choclate chips in the dough after the first batch (good call since the chocolate reacted well in taste with the banana flavor).

Ingredients
- 3 mashed bananas (ripe) (I only had 2)
- 1/3 cup apple sauce
- 1/4 cup almond milk (I used normal milk because they were out of almond one at the store)
- 1 tsp vanilla
- 1 tsp cinnamon
- 2 cups oats
- 1/2 cup raisins or chocolate chips (I put both but I would definitely only put chocolate chips)

Preheat oven to 350 degrees. 
Mix everything together in the order (although I would mix the oats and raisins/chocolate chips together beforehand)
Bake for 15-20 minute.




 A déguster avec une bonne citronnade // Enjoy with a fresh lemonade!


jeudi 30 juillet 2015

The Goldfinch // Le Chardonneret de, by Donna Tartt

*lu en anglais

Waouh! Quelle lecture!!!

Un roman épique, un passage à l'âge adulte imprégné de suspense, une fresque majeure sur la perte, la solitude, l'addiction... Je comprends mieux l'engouement des critiques lors de la sortie du livre. Le point de vue que l'auteure a pris, celui d'un pré-ado puis d'un jeune homme, est extrêmement bien rendu; les différentes parties du livre rendent la lecture moins linéaire et continuent d'engager le lecteur; les personnages multi-dimensionnels nous accrochent...

Alors, oui, il faut avoir envie de lire un livre de plus de 800 pages - mais quelle satisfaction d'oser se plonger dans un tel roman et de se laisser prendre par l'intrigue. A tel point que les jours suivants, en allant au lit pour lire, je m'attendais à retrouver la sensation familière que le livre "physique" et son contenu me procuraient avant de me rendre compte que j'avais commencé un nouveau livre. J'en suis sortie enchantée.

Un beau roman à dévorer tous les jours, vous ne le regretterez pas!

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Wow! What a book!!!

An epic novel, a coming-of-age story filled with suspense, a major saga on loss, solitude, addiction... I get now the critics' enthusiasm when the book was published. The point of view that the author adopts, the one of a teen then of a young man, is extremely well depicted; the different parts of the novel makes the reading less linear and keep engaging the reader; the multi-faceted characters hook us to their story...

Ok, you need to want to read a book which has more than 800 pages - but what a satisfaction to dwelve into such a story and to get hiteched by the plot. So much for my part, that the days following  the end of this read, even though I had started another book, everytime I went to bed to read I was waiting to find the familiar feeling that the book (as an object) and its content provided me with. i was enthralled.

A beautiful novel to consume everyday, you won't regret it!


http://www.thenervousbreakdown.com/wp-content/uploads/2014/02/ows_138203116777579.jpg 


Quotes:
- And the flavor of Pippa's kiss - bittersweet and strange - stayed with me all the way back uptown, swaying and sleepy as I sailed home on the bus, melting with sorrow and loveliness, a starry ache that lifted me up above the windswept city like a kite: my head in the rainclouds, my heart in the sky. (p.176)

- On my way out the door, Platt threw out some kind of weird handshake - part gang member, part fraternity boy, part International Sign Language - that I wasn't sure how to return. (p.501)

- Certainly I would be less frightened of death [...] if I thought a familiar person came to meet us at the door [...]. (p.810)

-And just as music is the space between notes, just as the stars are beautiful because of the space between them, just as the sun strikes raindrops at a certain angle and throws a prism of color across the sky - so the space where I exist, and want to keep existing, and to be quite frank I hope I die in, is exactly this middle distance: where despair struck pure otherness and created something sublime. (p.863)